Si ma montre est bien à l'heure des Açores, ce n'est pas le cas de mon cerveau. Résultat : je me perds dans les sonneries de cloches et me lève bille en tête à 7h30, persuadée qu'il est 8h30 dépassés. C'est malin.
Aujourd'hui, nous partons dans l'ouest de Terceira. Nous longeons la côte sud-ouest de l'île avant de piquer vers l'intérieur des terres et la montagne. Plus nous montons, plus le brouillard se fait dense. Ca viroune et ça grimpe sec ; notre petite Alto a un peu de mal dans les virages. Enfin, nous voilà au sommet de l'île, sur la Serra Santa Barbara (1021 m). Nous sommes complètement dans le brouillard ! Malgré tout, nous faisons quelques pas sur la crête, qui est en réalité le bord de la caldeira. Le sol est très humide et spongieux. Les oiseaux n'ont pas l'air rebutés par le brouillard : nous voyons des merles, pinsons et Roitelets huppés.
En
redescendant, nous nous arrêtons dans une forêt de conifères (des sortes
de thuyas). De nombreux oiseaux chantent, mais nous n'arrivons à voir
que des merles, des pinsons pâlichons (de la sous-espèce moreletti,
endémique), et des bergeronnettes des ruisseaux. L'impression de froid est
accentuée par l'humidité du brouillard, alors nous redescendons vers la
côte, où le ciel est plus dégagé.
Nous
pique-niquons à la Ponta da Serreta, entre d'anciennes coulées de lave.
Mais le basalte est une roche abrasive, si bien que, pour m'être assise
sur les rochers, je me retrouve avec un pantalon troué... Du dernier
chic volcanique !
Devant
nous volent plein de sternes ; les Bergeronnettes des ruisseaux sont
présentes jusqu'au bord de la mer. Près de là, nous admirons les
falaises de basalte qui abritent les nombreux dortoirs de goélands.
Nous nous arrêtons à nouveau un peu plus loin : un miradouro propose une jolie vue sur la mer et sur les champs verts entourés de leurs murets de pierres. Le paysage a quelque chose d'"aranesque" sauf qu'aux îles d'Aran, les champs étaient aussi gris que les murets.
Nouvel arrêt à Biscoitos où des formations basaltiques ont été aménagées en piscines : on parle, aux Açores, de "piscines naturelles". Comme il fait chaud cet après-midi, c'est l'occasion ou jamais de faire trempette. L'eau de mer est fraîche, mais agréable car réchauffée par le basalte. Nous y resterions bien, mais le ciel se couvre. C'est le problème ici : la météo est extrêmement changeante. Une sorte de Bretagne puissance 10...
Nous retournons à l'intérieur de l'île pour visiter une grotte, l'Algar de Carvão. En réalité, c'est un ancien volcan, actif de 3200 à 1700 BP, nous dit le guide (BP = before present). Ca semble très vieux, mais quand on calcule, ça ne fait que 1200 av.JC à 300 ap.JC. Pas si vieux que ça, en fait...
Ce volcan est désormais vide : le magma, en cherchant à sortir, a creusé des salles puis une cheminée. En redescendant progressivement, il a en quelque sorte coulé sur les parois. C'est impressionnant. On y observe le plus important gisement de silice visible du monde. Seul bémol : on se disait que le temps brumeux convenait bien à la visite d'une grotte, mais l'eau s'infiltre à travers le sol spongieux, si bien qu'il pleut encore plus à l'intérieur qu'à l'extérieur !!
Ce volcan est désormais vide : le magma, en cherchant à sortir, a creusé des salles puis une cheminée. En redescendant progressivement, il a en quelque sorte coulé sur les parois. C'est impressionnant. On y observe le plus important gisement de silice visible du monde. Seul bémol : on se disait que le temps brumeux convenait bien à la visite d'une grotte, mais l'eau s'infiltre à travers le sol spongieux, si bien qu'il pleut encore plus à l'intérieur qu'à l'extérieur !!
Pour continuer sur le même thème, nous nous rendons aux Furnas do Enxofre. C'est un ancien cratère d'où s'échappent des fumeroles de gaz volcaniques soufrés (enxofre = soufre)... et une bonne odeur d'oeuf pourri ! Nous en faisons le tour sur un sentier aménagé : chaque panneau explicatif nous rappelle que ces gaz sont extrêmement toxiques... Un peu à l'écart des fumeroles, la végétation devient vite luxuriante ; on trouve là beaucoup de plantes inconnues ou d'autres qui ne sont connues chez nous que comme plantes d'intérieur. Avec le chant des rougegorges et des pinsons et le coassement des grenouilles, nous avons droit à un bien beau paysage quand la brume se lève.
Avant de rentrer à Angra, nous cherchons un site ornithologique qui, d'après nos informations, doit se trouver au Lagoa do Jinjal. En portugais, "lagoa" signifie "lac" : ça devrait se voir. Mais nous tournons et virons sur les chemins et les petites routes, entre les murets de pierres et les anciens volcans cachés dans la brume, en vain. Tant pis, nous rentrons à Angra do Heroísmo.
Ce soir, nous décidons de tester un autre restaurant conseillé par le Petit Futé, le "Marcelino's, steak house". Le serveur se montre très sympathique, mais notre commande mettra 1h30 à nous parvenir !! Il est vrai que c'était du poisson, et non de la viande, spécialité de la maison... Agacés, vanés (nous sommes encore sous le coup du décalage horaire), nous avalons rapidement notre poisson et ne tardons pas à rentrer à l'hôtel.
Je termine la soirée par un peu de couture : je ne tiens pas à continuer le voyage avec un pantalon troué !
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