Samedi 3 mai : le Pico !

A notre réveil, le ciel est bien dégagé, le sommet du Pico est entièrement visible. Puis une couronne de nuages se forme qui nous fait craindre l'arrivée d'un brouillard aussi dense qu'hier. Tant pis, nous tentons l'ascension du Pico aujourd'hui, quitte à redescendre dans le brouillard. 
Après avoir cherché en vain dans plusieurs magasins, nous trouvons enfin du pain (et des petits déj' !) dans une boulangerie à la sortie de Lajes. Il est vrai qu'il est un peu tôt, nous voulons être vers 8h au départ du sentier. Comme il fait beau, nous décidons d'emprunter la route du plateau, que nous commençons à bien connaître pour l'avoir fréquentée par temps de brouillard. Eh bien, c'est un paysage totalement inconnu que nous découvrons : anciennes cheminées dans les prés, lave végétalisée, roches volcaniques...

A 8h30, nous sommes au pied du Pico. Il nous faut d'abord remplir les formalités de sécurité : au refuge de départ, nous devons compléter un formulaire avec nos noms et âges, l'immatriculation de la voiture (au cas où elle resterait toute seule le soir sur le parking), notre heure de départ, notre heure prévue de retour, etc ; puis visionner un film qui rappelle les règles de sécurité. On nous fournit un téléphone d'urgence qui nous relie au refuge et aux pompiers, au cas où. Si nous tardons trop à revenir, c'est le refuge qui nous appellera. 
Enfin, nous partons. Le chemin est très bien balisé grâce à des piquets blancs repérables dans le brouillard. Impossible de se perdre ! Il ne vaut mieux pas car, entre les buissons le long du chemin, nous apercevons parfois des trous, orifices d'anciens conduits volcaniques... Plus loin, une ancienne cheminée dans laquelle on peut pénétrer : le trou que j'y vois est tout simplement sans fond. Restons sur le sentier, c'est mieux !

L'ascension se poursuit entre les buissons, sur les dalles de basalte et dans les éboulis. Peu à peu, les buissons se raréfient puis disparaissent. Nous croisons des fumeroles qui s'échappent du sol. Cela nous donne l'idée d'un reportage pour TV-Crête, la filiale internationale de Radio-Crête. Je précise aux non-initiés que Radio-Crête est une station créée à l'occasion de vacances en famille à la montagne, et dont mon beau-frère François est un important contributeur. Or, nous logerons chez Marie et lui le soir de notre retour, et ça sera le jour de son anniversaire... Nous pressentons que ce petit cadeau de notre invention sera l'occasion de bien rire !
Nous atteignons un plateau qui est en fait un caldeira formée par la première éruption du volcan Pico. Nous grimpons toujours et arrivons bientôt au bord de la deuxième caldeira, dont les remparts abrupts sont impressionnants. Il y a beaucoup de vent et il ne fait pas chaud du tout. Déjà, en montant, nous avons vu plusieurs zones encore gelées et quelques névés. 

Le balisage s'arrête aux remparts, mais il reste encore le cône final à gravir, le Piquinho. Nous apprendrons à notre retour en France que l'ascension du Piquinho est interdite. Trop dangereuse. Sans balisage, nous ne savons pas trop par où passer. Nous apercevons bien quelques grimpeurs, mais déjà assez haut. Le vent est cinglant ; nous partons sur la droite afin de nous en protéger et nous nous retrouvons à gravir une pente abrupte parsemée de trous noirs d'où s'échappent des fumeroles... Cette voie sera dénommée par la suite la "Jolly directissime". Les éboulis, mais surtout le vent, rendent l'équilibre précaire. 

11h50 : nous sommes au sommet !! Le vent est fort, mais la vue est imprenable ! Sur l'île de Pico elle-même, mais aussi sur les îles voisines de São Jorge et Faial. Il y a déjà pas mal de monde en haut : des Français et des Allemands notamment, souvent des groupes accompagnés par un guide açorien. Le temps de pique-niquer, de filmer une séquence de reportage pour TV-Crête (une fois que les Français sont partis), et c'est la descente. Par le vrai sentier, cette fois.
De retour à l'extérieur de la caldeira, il y a beaucoup moins de vent, il fait même chaud par endroit ; nous filons à vive allure. Si bien que, pendant les jours qui suivront, nous en subirons les courbatures... 

En bas du Pico, le temps est toujours aussi beau. Nous partons vers les lacs entraperçus hier. Et là, sans le brouillard, c'est tout un paysage qui se découvre à nous : des cheminées partout, des cratères écroulés, et toujours cette sorte de maquis. Nous faisons halte au Lagoa de Capitão, où les jeunes goélands volent en tous sens, puis au Lagoa do Caiato. Mais là, nous nous endormons dans la voiture. Quand nous rouvrons les yeux, il est 17h15, trop tard pour aller au musée des baleiniers de Lajes. Dommage, cette visite aurait bien complété celle d'hier au musée de l'industrie baleinière. 

Nous continuons notre route par la plateau, histoire de voir le paysage, pas seulement le brouillard. 
De retour à Lajes, nous prenons le temps d'observer les puffins depuis la digue, puis de faire quelques emplettes dans une boutique de souvenirs. Nous dînons dans le même restaurant qu'hier soir, le Lagoa, d'un menu gastronomique qui revisite les plats traditionnels de Pico : igname, omelette, algues, encornet, banane, citron. C'est dé-li-cieux !!
Nous arrosons ce repas d'un vin de Pico, le Terras de Lava rouge. Ce n'est pas du tout la piquette que nous craignions : il est un peu vert, mais fruité, pas râpeux du tout et long en bouche. Nous avons déjà goûté d'autres vins de Pico, le Frei Giganti blanc, et surtout le Terras de Lava blanc, que nous avons beaucoup aimé. Un peu verts, eux aussi, mais très fruités pour des demi-secs.
Le patron nous propose à nouveau un digestif, mais nous sommes suffisamment claqués par l'ascension du Pico, ce n'est pas la peine d'en rajouter ! 

Sur le chemin du retour vers l'hôtel, nous entendons des bruits très bizarres : ce sont les cris des Puffins cendrés qui survolent la ville. Ils vont sûrement rejoindre leurs nids construits dans les hauteurs de l'île. La nuit dernière, Antoine a été tenu éveillé par ces drôles de criaillements, qu'il a pris pour des miaulements de chats en colère. Nous tenons l'explication ! Il aurait sans doute mieux dormi s'il avait su que ces cris étaient poussés par des oiseaux...
Du coup, nous faisons un détour sur le front de mer pour observer et écouter ces puffins. Nous passons encore un bon moment à les guetter depuis notre terrasse personnelle. Ce ballet au-dessus de nos têtes a quelque chose de fascinant...

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